Les chenilles processionnaires sont de plus en plus présentes dans le Puy-de-Dôme. Dangereuses pour l’homme et les animaux, elles constituent une menace sérieuse qu’il faut prendre au sérieux. Voici comment les identifier, les prévenir et les éliminer.
Identifier les chenilles processionnaires
La processionnaire du pin
C’est l’espèce la plus connue. Elle s’installe sur les pins, les cèdres et parfois les sapins de Douglas. On la reconnaît à :
- Ses nids blancs soyeux en forme de cocon dans les branches, visibles en hiver
- Ses processions : les chenilles se déplacent en file indienne, nez à queue, de janvier à avril pour s’enfouir dans le sol
- Son aspect : chenille gris-brun couverte de poils urticants
La processionnaire du chêne
Moins connue mais tout aussi dangereuse, elle s’installe sur les chênes. Ses caractéristiques :
- Des nids plaqués contre le tronc ou les grosses branches (pas dans le feuillage)
- Pas de procession au sol : elle reste dans l’arbre
- Période d’activité : mai à juillet
Pourquoi sont-elles dangereuses ?
Les chenilles processionnaires sont couvertes de milliers de poils microscopiques urticants. Ces poils se détachent facilement et sont transportés par le vent.
Pour l’homme
Le contact avec les poils provoque :
- Réactions cutanées : démangeaisons intenses, éruptions, plaques rouges
- Réactions oculaires : conjonctivite, inflammation douloureuse
- Réactions respiratoires : toux, difficultés à respirer, crises d’asthme
- Dans les cas graves : choc anaphylactique (réaction allergique sévère)
Les enfants et les personnes allergiques sont particulièrement vulnérables.
Pour les animaux
Les chiens sont les premières victimes. En reniflant ou en léchant une chenille, ils risquent :
- Une nécrose de la langue (pouvant nécessiter une amputation partielle)
- Un œdème de la gorge
- Un choc allergique potentiellement mortel
En cas de contact, rincez abondamment à l’eau (sans frotter) et consultez un vétérinaire en urgence.
Pour les arbres
Une infestation sévère peut défolier un arbre entièrement. Si l’attaque se répète plusieurs années de suite, l’arbre s’affaiblit considérablement et devient vulnérable aux maladies et aux parasites secondaires.
Les méthodes de lutte
Plusieurs solutions existent, à adapter selon la saison et le niveau d’infestation.
L’échenillage (retrait des nids)
C’est la méthode la plus directe. Un arboriste grimpeur retire les nids un par un à l’aide d’un échenilloir et les détruit par incinération. Cette intervention se fait en hiver, avant la descente des chenilles.
Avantages : efficace, immédiat, pas de produit chimique.
Précautions : nécessite un équipement de protection complet (combinaison, masque, gants). Ne jamais tenter de retirer un nid soi-même sans protection.
Le piège à collier
Un manchon est installé autour du tronc de l’arbre entre décembre et mars. Quand les chenilles descendent en procession, elles sont piégées dans un sac collecteur rempli de terre où elles s’enfouissent.
Avantages : écologique, sans produit chimique, réutilisable.
Limites : ne fonctionne que pour la processionnaire du pin (qui descend le long du tronc).
Le piège à phéromones
Installé dans les arbres de juin à septembre, ce piège attire les papillons mâles grâce à des phéromones de synthèse. En réduisant la population de papillons, on limite la ponte et donc les nids de l’année suivante.
Avantages : préventif, écologique, facile à installer.
Limites : ne suffit pas seul en cas de forte infestation.
Le traitement biologique (Btk)
Le Bacillus thuringiensis var. kurstaki est une bactérie naturelle qui détruit les chenilles sans affecter les autres insectes. Le traitement s’applique par pulvérisation sur le feuillage en automne, quand les chenilles sont jeunes et les nids encore petits.
Avantages : très efficace, respectueux de l’environnement, homologué en agriculture biologique.
Limites : fenêtre d’application étroite (septembre-novembre), nécessite du matériel de pulvérisation adapté pour les grands arbres.
Les nichoirs à mésanges
Les mésanges sont des prédateurs naturels des chenilles processionnaires. Une seule mésange peut consommer jusqu’à 500 chenilles par jour. Installer des nichoirs dans votre jardin favorise leur présence.
Avantages : solution naturelle et durable, favorable à la biodiversité.
Limites : solution complémentaire, insuffisante seule en cas de forte infestation.
Le calendrier d’intervention
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Juin – Septembre : Poser les pièges à phéromones
Septembre – Novembre : Traitement Btk (chenilles jeunes)
Novembre – Mars : Échenillage (retrait des nids)
Décembre – Mars : Pose des pièges à collier
Toute l’année : Installation de nichoirs à mésanges
Que dit la réglementation ?
Depuis 2022, la chenille processionnaire du pin et celle du chêne sont classées comme espèces nuisibles pour la santé humaine. Les préfets peuvent prendre des arrêtés obligeant les propriétaires à lutter contre ces insectes.
Dans le Puy-de-Dôme, renseignez-vous auprès de la préfecture ou de votre mairie pour connaître les obligations locales.
Nos conseils pratiques
- Ne touchez jamais une chenille processionnaire, même morte (les poils restent urticants)
- Ne tondez pas la pelouse sous un arbre infesté (les poils dispersés deviennent aériens)
- Éloignez les enfants et les animaux des zones infestées
- En cas de contact, lavez à l’eau sans frotter et consultez un médecin
- Faites intervenir un professionnel équipé pour le retrait des nids